24 Mai 2017

Il y a cinq ans, Gitta Mallasz reconnue «Juste parmi les nations»

Le 13 mai 2012,  dans le beau couvent des Bernardins à Paris, au cours d’une émouvante cérémonie, était décernée, à titre posthume, à Gitta Mallasz, la médaille de Juste parmi les Nations pour avoir sauvé, en décembre 1944, une centaine de femmes et d’enfants juifs de la déportation.

Andrea Mallasz, petite nièce de Gitta, reçoit la médaille et le titre de Juste le 13 mai 2012 à Paris

Andrea Mallasz, petite nièce de Gitta, reçoit le titre de Juste le 13 mai 2012 à Paris

Si Gitta Mallasz est le «scribe» qui a fait connaître au monde les Dialogues avec l’Ange, récit de l’expérience spirituelle qu’elle a vécue en 1943-44, en Hongrie, avec ses trois amis, Joseph Kreutzer, Hanna Dallos, et Lili Strausz,  elle a aussi été une femme courageuse et audacieuse qui n’a pas hésité à risquer sa vie pour en sauver d’autres qui étaient irrémédiablement vouées à l’extermination.

De juin à décembre 1944, Gitta Malllasz fut le commandant de Katalin, un atelier de confection pour l’armée hongroise, dont les ouvrières étaient juives et qui avait été conçu par un prêtre catholique, le Père Klinda, qui, dans Budapest occupé par les nazis, se dépensait sans  compter pour sauver des Juifs. L’usine assurait une bonne protection à ses résidentes car, outre qu’on y travaillait pour la Défense hongroise, elle était placée sous la protection de la nonciature et bénéficiait donc de l’extraterritorialité.

Quand elle fut contactée pour diriger «Katalin», Gitta, fille de général et ancienne championne de natation, accepta à condition que Hanna et Lili y soient admises. Aidée par ses deux amies, elle établit l’ordre et l’efficacité au sein de l’atelier. L’été passa. Les commandes pour l’armée étaient  effectuées en temps et en heure… et les rencontres avec les anges se poursuivaient dans « la cabane du commandant ». Mais à l’automne, la situation se détériora : les nazis hongrois, encore plus brutaux que les allemands, étaient arrivés au pouvoir et gardaient l’oeil sur cette drôle d’usine et ses ouvrières. Le 5 novembre, ils effectuèrent une première descente musclée, mais une intervention de la nonciature sauva les ouvrières in extremis.

A la mémoire de Gitta Mallász

Honneur aux courageux.
A la mémoire de Gitta Mallász
(1907-1992)
qui a sauvé la vie de plus de cent femmes juives en 1944,
dans l’édifice de l’école maternelle actuelle,
Lauder Javne, dans la villa Katalin.

Parallèlement, des SS allemands s’installent dans la maison voisine. Un jour (*), un soldat, dessinateur des forces armées allemandes, qui a connu Hanna aux Beaux-arts de Munich, sonne à la porte. Gitta, qui parle couramment la langue de Goethe, se lie d’amitié avec lui, propose de réaliser quelques dessins sur le folklore hongrois pour sa revue, en échange de quoi elle reçoit un certificat de travail, avec une croix gammée comme cachet, ce qui lui sert d’introduction auprès de ses voisins à qui elle propose de visiter l’usine. Les nazis prennent goût à ces petites sorties. Bientôt, une ouverture dans la clôture qui sépare les deux jardins est faite, pour leur éviter de faire un long détour par la rue. Et comme Gitta se plaint des hordes de soldats hongrois qui viennent perturber le travail de ses ouvrières, promesse est faite de protéger celles-ci : quand le 2 décembre, les nazis hongrois viendront envahir l’usine, les ouvrières passeront par le jardin des SS pour se fondre dans la forêt voisine. Mais au grand désespoir de Gitta, ni Hanna, ni Lili ne profiteront de ce stratagème. Elles se laisseront arrêter et déporter à Ravensbrück pour sauver Gitta d’inévitables représailles et mourront, d’une façon atroce, en février 1945, dans un wagon à bestiaux (Le dernier convoi, Eva Danos, Albin Michel, 2011).

Dans les années 2000, une  lectrice fervente  de Dialogues avec l’ange, Monique Guillemin, entreprit d’obtenir pour Gitta le statut de « Juste parmi les nations ». Elle fut aidée par un Hongrois, Imre Boc, ancien résistant à Grenoble pendant la seconde guerre mondiale, qui raconte les péripéties qui ont jalonné la constitution du dossier pour Yad Vashem dans Au péril de sa vie. Celle-ci dura deux ans, de 2007 à 2009. La réponse, positive, arriva le 12 mai 2011.

La principale témoin, Susan Kis, y relate notamment la fantastique atmosphère spirituelle qui régnait dans l’atelier : « Nous faisions même plus de chemises que ce qui était prévu, et quand nous avions fini, nous nous mettions à chanter, toutes ensemble ! ». Elle parle aussi de la la cabane de la commandante et comment elles furent surprises à espionner ce qui s’y passait.


Revenue sur place en 2006 avec le cinéaste hongrois Andras S Takacs,
Susan Kis raconte comment elle a pu s’enfuir de Katalin avec sa mère le 1er décembre 1944

Depuis, de nouveaux témoignages ont fait surface :

  • Celui des filles d’Ernö Erbstein, Juif hongrois connu pour avoir été l’entraîneur de l’équipe de foot de Turin, qui ont séjourné à Katalin avec leur mère. Erbstein: The triumph and tragedy of football’s forgotten pioneer, de Dominic Bliss (Blizzard Books)
  • Celui d’Andreas Rusznyak qui, à huit ans, séjourna à Katalin avec sa mère, Erszébet, qui travailla avec Gitta Mallasz après la guerre.

D’autre part, l’historienne hongroise Margit Beke a récemment mis en lumière le rôle clef du Père Klinda qui a imaginé le montage juridique de l’atelier.

Françoise Maupin

(*) Dialogues avec l’ange, p. 375

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16 Mar 2017

Dialogues avec l’ange : l’apprentissage de la liberté intérieure

Patrick Sorrel est professeur agrégé de philosophie à Grenoble

Patrick Sorrel est professeur agrégé de philosophie à Grenoble

Dans L’expérience de la liberté intérieure, Patrick Sorrel, professeur de philosophie, s’interroge sur la liberté humaine. Alors que, généralement, les hommes se plaignent d’être limités dans leurs aspirations par le monde extérieur, Patrick Sorrel estime que celui-ci n’est que « le reflet de notre monde intérieur » et en conséquence se propose de cerner au plus près l’espace de notre liberté, tout d’abord d’en définir les limites, puis d’examiner les expériences d’élargissement de la conscience, telles les thérapies psychédéliques ou chamanistes, la communication intuitive ou les expériences de mort imminente. Lire la suite

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25 Fév 2017

Marguerite Kardos : « l’ange nous pousse à oser risquer la liberté et la confiance »

Marguerite 2Dans une longue interview au magazine Inexploré, Marguerite Kardos, présidente d’Adda, revient sur son itinéraire et raconte comment Gitta Mallasz lui a fait connaître l’enseignement qu’elle a reçu des anges en 1943-44 en Hongrie, leur pays d’origine à toutes deux. Depuis lors, elle ne cesse de le transmettre avec passion. « La grande force de ce message est d’être au-delà des dogmes et des religions » observe-t-elle. « Et c’est un message d’espoir et de joie, avec une exigence implacable et une confiance inébranlable dans les capacités évolutives de l’homme. »

L’ange inspire l’âme à accomplir sa mission
Inexploré n°33, janvier-février-mars 2017

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12 Déc 2016

Il y a quarante ans, la France découvrait Dialogues avec l’Ange

En décembre 1976, il y a tout juste quarante ans, Dialogues avec l’Ange paraissait en librairie. D’emblée, sa conception en faisait un livre hors du commun : pas de nom d’auteur sur la couverture,  non plus que celui de la maison d’édition. Simplement le titre « Dialogues avec l’Ange » en noir sur fond blanc. Austère et intriguant.

Gitta Mallasz, scribe et traductrice des Anges

dialogues-1976Cette parution était l’aboutissement de longues années d’attente et de travail. Après avoir subi quinze années de régime communiste en Hongrie, Gitta Mallasz, le « scribe des Anges », était arrivée en France en 1960 et s’était rapidement mise à la traduction française des quatre-vingt-huit entretiens qu’elle et ses amis avaient eus – en hongrois – avec leurs maîtres intérieurs, à Budapest, de juin 1943 à décembre 1944. Une fois le texte prêt, Gitta et son entourage se mirent en quête d’un éditeur. Pour ma part, je confiai le manuscrit à deux amis, tous deux lecteurs dans des maisons d’édition renommées, mais ne rencontrai que perplexité et incompréhension.
Nadia Schild, une très chère amie de Gitta avait de son côté envoyé le document à Claude Mettra, écrivain et producteur à France-Culture, qui, lui, comprit tout de suite qu’il s’agissait là d’un texte important et décida de lui consacrer une émission diffusée le 22 mars 1976. Gitta y racontait d’une voix tranquille l’incroyable histoire des « Dialogues » à un  Claude Mettra attentif et chaleureux. L’accueil fut très favorable. Il fut décidé de s’appuyer sur cette émission pour trouver un éditeur. Claude Mettra recommanda les éditions Aubier. Lire la suite

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13 Sep 2016

En 1943, des anges parlaient déjà d’écologie

A Budapest en 1943, les questions écologiques ne sont pas à l’ordre du jour des réunions de quatre amis très proches, dont trois vont être engloutis par le génocide juif. Et pourtant, l’extraordinaire enseignement spirituel qu’ils reçoivent alors de la bouche de l’une d’elles – retranscrit dans les Dialogues avec l’ange – s’adresse également à notre époque confrontée à des problèmes non moins cruciaux. Aujourd’hui, c’est l’existence même de l’humanité qui est menacée par la surexploitation d’une nature devenue corvéable à merci.

L’homme fait fausse route

Les avertissements sont peu nombreux dans les Dialogues avec l’ange, mais ils annoncent déjà la crise morale et écologique dans laquelle l’humanité s’enfonce aujourd’hui : démesure de la technologie, prédation, surconsommation, course à la richesse, misère, guerres…

Crédit photo MMA|MHO

Crédit photo MMA|MHO

– Tout un réseau de routes bétonnées
parcourt la terre en tous sens.
Elles sont vastes, larges et lisses,
et la folie les chevauche.
Il y a beaucoup de voies, beaucoup.
Ne sois pas étonnée,
si l’homme a oublié la petite, l’étroite, la seule !
(Dialogues avec l’ange, entretien 20 avec Lili, p. 118)

La matière fait explosion,
nausée de la saturation et de l’excès, du « beaucoup ».
Que vienne le « plus » !
(Dialogues avec l’ange, entretien 63, p. 303) Lire la suite

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19 Août 2016

Reprise des lectures partagées des Dialogues avec l’ange : jeudi 22 septembre

Depuis plusieurs années, Adda organise à Paris des rencontres mensuelles animées par Marguerite Kardos pour faire connaître ou approfondir l’enseignement spirituel des Dialogues avec l’ange et aider les participants à le vivre au quotidien.

Reprise le jeudi 22 septembre 2015 à 19h45, puis une fois par mois, le jeudi de 19h45 à 22h. Forum 104, 104 rue de Vaugirard, 75006 Paris.

Calendrier

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27 Avr 2016

Juliette Binoche parle des Dialogues avec l’ange sur le Divan

Juliette Binoche était sur Le divan de Marc-Olivier Fogiel sur France 3 le 26 avril. Elle y a parlé des Dialogues avec l’ange, son livre de chevet.

« C’est un livre aide et un livre séisme, un compagnon de route mystérieux, sur lequel je reviens sans cesse. J’y ai immédiatement reconnu ce lieu intérieur, une voix, des forces, la force, un enseignement essentiel. »

Quand Juliette parle des Dialogues (à partir de 1h 06’50 »)

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Juliette Binoche à l’Institut hongrois de Paris en 2012 où elle avait lu des extraits des Dialogues avec l’ange lors d’une soirée en mémoire de Gitta Mallasz. (Photo Seven Angels Films)

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24 Jan 2016

Les Dialogues avec l’ange dans la bibliothèque idéale du Monde des religions

5143_couv-mdr-75Le Monde des religions vient de sélectionner les Dialogues avec l’ange pour sa rubrique « Ma  bibliothèque idéale ». Dans une longue interview, Marguerite Kardos raconte les circonstances singulières dans lesquelles Gitta Mallasz, qu’elle avait connue à Budapest, lui a fait découvrir ce texte en 1965 à Paris, bien avant qu’il ne soit publié. Elle parle ensuite avec passion de l’éblouissement que ce fut pour elle et tente de résumer la teneur des enseignements reçus par Gitta et ses ami(e)s à Budapest en 1943-44.

« Cet enseignement est actuel dans notre époque de transition, décisif pour l’avenir de l’humanité et de la planète. Ce n’est ni une philosophie, ni une religion, c’est une leçon individuelle et pratique. C’est un message d’espérance et de foi, de joie et de renouveau. L’homme n’est pas condamné à être prédateur et consommateur. Il peut devenir co-créateur de sa propre destinée et du nouveau qui crie vers nous afin de naître. »

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11 Déc 2015

Que disent les anges de la place de l’homme dans la nature ?

Alors que les risques de catastrophe écologique augmentent de jour en jour et que la COP21 tente de trouver un accord pour réduire le risque climatique, les messages reçus par Hanna Dallos en 1943-44 n’ont-ils pas quelque chose à nous dire sur un problème qui n’était pourtant pas encore à l’ordre du jour il y a 72 ans ? Les dommages à la nature n’ont-ils pas à voir avec la conception erronée que l’homme s’est faite de sa place dans l’univers et avec son incapacité à dépasser son ego, sujets précisément au centre de l’enseignement dispensé par les anges ?

Lets not go back - Crédit photo Wayne Stadler

Face à ces questions, des membres d’Adda ont initié une réflexion qui va se prolonger en 2016. Lire la suite

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25 Nov 2015

Gitta Mallasz : Nous sommes des guerriers responsables d’un autre champ de bataille, invisible

Dans son tout dernier livre, Petits Dialogues d’hier et d’aujourd’hui (Aubier), écrit au moment de la première Guerre du Golfe (1990-1991), Gitta Mallasz consacre un chapitre à la guerre, toujours cruellement d’actualité 25 ans après.

J’écris ces lignes au moment de la guerre du Golfe, mais elles s’appliquent à toutes les guerres, et j’en ai vu quelques-unes au cours de mon existence…

Photo : Philippe Guy

Photo : Philippe Guy

Des lecteurs, malades d’impuissance, me demandent ce qu’ils peuvent faire. Alors je raconte à qui veut bien l’entendre ce conte chinois :
Un paysan laboure sa terre. Un lettré l’interroge :
« Que ferais-tu si c’était demain la fin du monde ? »
Et le paysan : « Je continuerais à labourer ma terre. »

Une voisine déprimée me dit :
« Aujourd’hui, la dépression est quasi générale. Et vous, les quatre amis, à Budapest, pendant la Seconde Guerre mondiale, vous qui étiez entourés de tant d’horreurs, avez-vous été déprimés ? » Lire la suite

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