Ils (elles) ont travaillé avec Gitta Mallasz à la traduction de Dialogues avec l’ange

Quand Gitta Mallasz est arrivée en France en 1960, elle parlait déjà français. « Tout est calculé là haut ! Ma mère a passé sept ans dans un couvent français en Autriche. Elle nous parlait souvent dans cette langue qu’elle adorait. » Mais son français n’était encore qu’approximatif, en tous cas pas suffisant pour traduire un texte aussi dense et poétique.

Elle mettra donc à contribution un nombre impressionnant de gens.

Gitta Mallasz et son mari, Laci Walder (avec l'aimable autorisation de Bernard Montaud)

Gitta Mallasz et son mari, Laci Walder (avec l’aimable autorisation de Bernard Montaud)

Il y a ceux qui parlent hongrois comme son mari, Laci Walder, qui rencontrera son Ange et adhèrera totalement à la tâche qui habite sa femme. Il y a aussi, se souvient Marguerite Kardos, un groupe de hongroises dont elle fait partie et qui se réunit à partir d’août 1965 chez Gitta ou chez l’une d’elles (ou, en été, sur les bancs du parc de Sceaux) :  Eva Péterfalvy, Rosy Rey, Vera Székely [1], des artistes. Certaines sont des « bilingues boiteuses », d’autres qui sont en France depuis 20 ans connaissaient parfaitement le français, mais toutes sont très exigeantes et enthousiastes.

Mais beaucoup ne parlent pas du tout hongrois. C’est le cas d’Hélène Boyer, mentionnée dans l’édition de 1976 comme ayant collaboré à la traduction, et du père Henri Ormaechea, un franciscain qui avait été séduit par le texte.  Il raconte les séances hebdomadaires – de véritables parties de ping-pong – qui se sont poursuivies pendant deux ans pour préparer la première édition de 1976 :

Elle se mettait à lire à haute voix. Elle disait : « là, c’est mal traduit ». Ou bien disait : « C’est pas assez ça ». Je lui faisais alors des suggestions de traduction. Elle disait : « non, ce n’est pas encore ça – ou tout à fait ça ». On tournait autour du pot puis, à la bonne suggestion, elle disait : « C’est ça ! » Et elle la notait aussitôt.

Le père Henri Ormaechea et Dominique Raoul-Duval en 2012. Photo : Seven Angel Films

Le père Henri Ormaechea et Dominique Raoul-Duval en 2012. Photo : Seven Angel Films

De son côté, Dominique Raoul-Duval [2], relate avec humour et émotion l’« expérience inoubliable » de sa collaboration avec Gitta pour l’édition intégrale des Dialogues avec l’ange et pour deux des quatre livres de commentaires :

Notre méthode était simple : la prose de Gitta restant souvent approximative, avec une syntaxe hasardeuse et un vocabulaire incertain, une même question revenait, de phrase en phrase « Qu’as-tu voulu dire exactement ? »
Gitta expliquait longuement, et nous trouvions, par tâtonnements successifs, les mots qui s’ajustaient exactement à sa pensée.
Les années passées dans l’édition, à travailler sur les textes des autres, m’avaient rendue exigeante : cent fois Gitta se serait arrêtée en chemin, contente de la formule imparfaite que je venais de lui suggérer; cent fois, obstinée, j’affirmais qu’on pouvait trouver mieux — et l’on trouvait mieux, en effet.

Pour découvrir les témoignages complets du père Henry et de Dominique Raoul-Duval : du hongrois au français, sur www.dialogues-ange.fr

[1] Vera Székely, (1919-1994), est une artiste hongroise qui fût d’abord nageuse. Elle a été entraînée par Gitta Mallasz jusqu’à participer aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Elle est ensuite devenue l’élève de Hanna, ainsi que Pierre Székely, qui allait devenir son mari. Pendant les entretiens de Budaliget, ils ont habité l’appartement des parents de Hanna à Budapest et ont été les premiers lecteurs de ce qui allait devenir les Dialogues avec l’ange. Ils s’installeront en France après la guerre.

[2] Dominique Raoul-Duval a été en charge chez Aubier sur une période de 17 ans de l’édition des six livres à couverture blanche : les deux éditions des Dialogues avec l’ange et les quatre livres de commentaires de Gitta Mallasz.

EL

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