Tu n’es pas cellule, tu es œil. Sers !

Un lecteur des Dialogues avec l’ange partage sa méditation sur un message en allemand de l’ange Morgen destiné à un proche de Gitta Mallasz qui s’était enrôlé dans les SS, mais qui s’adresse à nous tous, humains.

La cellule au fond de l’œil
ne voit pas clair.
Aveuglément elle sert.
Toi, tu n’es pas cellule,
tu es œil.
Sers !
Sois source
de la nouvelle onde
dans l’Univers.
Les yeux des animaux
boivent.
Tu n’es ni animal,
ni ornemental,
homme,
tu DÉLIVRES !
Tu peux vaincre la nuit.
L’onde porte le rayon dans la vallée
où les aveugles se  tordent de douleur.
Tes yeux rayonnent :
La douleur cesse.
La nuit s’effondre.
QUE LA LUMIÈRE SOIT !

Morgen – Aube, p. 23, Daimon (*)

Que me dit ce texte que je ne me lasse pas de me réciter ?

« Tu n’es pas cellule, tu es œil »

La cellule au fond de l’œil ne voit pas clair.

Analogie biologique. La cellule au fond de l’œil, la cellule rétinienne, ne voit pas par elle-même. Ce qui permet à un animal ou à l’homme de voir, c’est l’organe, l’œil, et même le système visuel dans son ensemble. C’est la coopération entre les cellules de l’oeil, entre différents organes (œil, nerf, cerveau), qui a permis l’émergence d’une propriété nouvelle du vivant, la capacité de voir.

Je ne suis pas cellule, pas un simple rouage.
Je suis œil, collaboration de cellules, je vois.
La cellule au fond de l’œil n’est pas consciente, seul le «  je » conscient voit : je vois.

Dans une société de milliards de cellules humaines, je ne suis pas simple cellule. Je suis œil,  organe.

La cellule sert aveuglément, elle n’est qu’un rouage, comme les SS au service d’Hitler.
Mais si je suis œil, je peux servir (à quelque chose, me rendre utile).
NDT : le mot servir revient à deux reprises, mais dans des sens différents. En allemand, ce sont deux verbes différents : « dienen », servir (un maître) et « taugen », servir à quelque chose.

Celui qui sert aveuglément ne voit pas la lumière. Il s’en remet à son maître qui voit pour lui. Il faut être libre pour voir, accéder à la clarté de la co-naissance (**).

« Les yeux des animaux boivent, mais tes yeux rayonnent »

Je ne suis pas qu’un animal. L’œil de l’animal est un capteur, passif. C’est grâce à lui et à ses autres capteurs sensoriels que l’animal survit.

Les yeux des animaux boivent

Je ne suis pas ornemental. Je ne suis pas sur terre pour faire tapisserie, mais pour agir. Pas pour boire (en allemand, « saugen », littéralement, « aspirer », « pomper »), mais pour donner.

— Tu regardes, mais tu ne rayonnes pas.
Tes yeux n’ont pas été faits pour regarder.
Il faut un renversement. (E8G, p. 47)

Tous les êtres vivants sont soumis à l’évolution génétique, n’opérant que très lentement au fil des  générations successives, inopérante à l’échelle de leur existence. Ils la subissent.
Mais contrairement à l’animal, je peux influer sur le cours de mon existence et même sur celui de l’évolution.

La nouvelle onde qu’il m’est donné de rayonner est une onde d’amour, de joie. Comme les ondes physiques qui assurent la cohésion de la matière, la nouvelle onde est une force de cohésion entre les cellules humaines d’une humanité en devenir.

La loi pour vous, c’est d’être unis,
et c’est la liberté pour vous.
Séparément, vous êtes des esclaves. Unis, vous êtes libres. » (E31G, p. 188)

« Sois source de la nouvelle onde dans l’Univers » : pas seulement dans mon petit monde, mais dans l’univers entier.

« Ce rayonnement en toi a le pouvoir d’éveiller les aveugles »

La lumière peut vaincre la nuit, délivrer les aveugles, ceux qui servent aveuglément, qui ne sont que cellules. Il ne s’agit pas de les « convertir », mais de vivre pleinement ma vie : rayonner, éclairer, sourire…

La nouvelle onde produit à la fois un éveil individuel et l’éveil d’une conscience collective.

L’éveil fait cesser les souffrances (les aveugles souffrent de ne pas voir, mais surtout des conséquences de leur cécité).

La nuit s’effondre (littéralement « éclate ») : processus explosif, émergence. Seconde naissance. Ce n’est pas la nuit qui s’efface, car l’obscurité n’a pas de réalité. Elle n’est qu’absence de lumière. Cette lumière, il ne tient qu’à moi de la rayonner.

(*) Traduction légèrement retouchée

(**) La co-naissance est un néologisme utilisé par Paul Claudel et repris par Gitta Mallasz pour traduire le hongrois értelem (entendement,  intelligence, sens…). Commentaire de Gitta : « Hanna est incapable de trouver le mot juste pour l’attraction et l’union de l’homme et de la matière, pour le nouvel élément unificateur, faute de mieux, elle choisit le mot hongrois « értelem ». Mais l’Ange va bien au-delà du sens trop restreint de ce mot en ajoutant que cet « értelem » est en vérité Amour ». (Dialogues avec l’ange, p. 343)

Crédits photo : Mark Fairchild, Francois Meehan, Ferendus

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