Le Feu de l’Esprit, et qu’en est-il de l’Âme ?

Le 19 février 2019, Adda organisait à l’Institut hongrois de Paris une conférence-lecture-débat intitulée : Le Feu de l’Esprit, et qu’en est-il de l’Âme ? à la lumière de l’Orthodoxie et de Dialogues avec l’Ange. Marguerite Kardos, présidente de l’association, avait invité l’Archevêque Germain, de l’Eglise Catholique Orthodoxe de France et Juliette Binoche, qui a souvent témoigné publiquement de l’importance que revêt pour elle ce texte, devenu son « livre de chevet ».

Extraits de la conférence (25′) – Réalisation : SEVEN ANGEL FILMS

Pourquoi Dialogues avec l’Ange est d’une actualité brûlante à notre époque ? Parce que nous vivons une époque de transition.

« Ce que tu sens maintenant, c’est la transition. (…)
Toute transition est épreuve. (…)
SI TU TE TRANSFORMES –,
LA MATIÈRE – ELLE AUSSI –
EST OBLIGÉE DE SE TRANSFORMER. » (E30L, p. 185-186)

Mgr Germain explique que dans la tradition orthodoxe, selon Saint Denys l’Aéropagite, les anges s’organisent en neuf cercles (anges, archanges, principautés, puissances, vertus, dominations, trônes, chérubins, séraphins) ce qui correspond à la structuration de l’être humain.

En effet, le corps de l’homme est triple : corps physique, corps sensible et le corps mental ; son âme possède trois niveaux, elle est le réceptacle des dons, elle peut avoir un caractère viril qui nous permet de découvrir et exprimer nos dons, et elle nous conduit vers la transcendance ; et son esprit a trois caractères : le noûs (le silence), le logo et le pneuma.

Que dit l’Ange de l’âme ?:

« L’ÂME EST LE VIN, ELLE PORTE L’IVRESSE (E18L, p. 106)

« G. Qu’est-ce que l’âme ? Qu’est-ce que l’esprit ?
– L’esprit est – Créateur,
L’âme – intermédiaire,
Le corps – matière ». (E21G, p. 125)

Dans l’orthodoxie, « l’homme est esprit et matière ; il est la synthèse des deux. Cela fait de l’homme la créature la plus dynamique de la Création. Le but est de faire le lien. »

« Le but est : faire le lien.
Sans lien, rien ne vit. (…)
L’esprit pétrit la matière.
La matière appelle l’esprit. (…)
SOMBRER DANS LA MATIÈRE –
C’EST LA MORT.
S’ÉLANCER DANS L’ESPRIT –
C’EST DU PASSÉ
MAIS MAINTENANT LA VOÛTE SE FORME, LE LIEN. » (E64, p. 310)

La question de Gitta Mallasz surgit : « Comment pourrais-je toujours entendre ta voix ? ».
Que faire donc du libre arbitre que l’homme a reçu ?

Si l’homme ne dépend pas de LUI seul, il n’est pas libre.

« L. Parle-moi de l’interdépendance du corps, de l’âme, de l’esprit.
-S’ils s’élèvent vers LUI, il y a interdépendance.
Sinon, tout s’écroule,
tout devient poussière et cendre, même l’esprit,
s’ils ne s’élèvent pas vers LUI. (…)
SI TU DÉPENDS DU CORPS –
TU N’ES QUE CORPS.
SI TU DÉPENDS DE L’ÂME –
TU N’ES QUE CORPS ANIMÉ
SI TU DÉPENDS DE L’ESPRIT –
TU N’ES QU’HOMME.
SI TU DÉPENDS DE LUI –
TU ES TOUT.
Ne dépends que de LUI,
Alors corps et âme, esprit et LUI seront UNIS !
À sa dépendance tu peux reconnaître chacun.
Enseigne la vraie dépendance, la seule liberté,
car tout le reste est esclavage ! (…)
Tout dépend de quelque chose, sauf l’homme.
L’HOMME DÉPEND DE LUI. » (E33L, p. 204-205)

« G. Quelle est la vraie liberté ?
– SERVIR ! Si tu sers, tu es UN avec LUI. » (E18G, p. 103)

Servir l’Esprit ou se disperser dans ses « dépendances » ?

Monseigneur Germain évoque le rôle de l’Esprit Saint dans la mise en mouvement de l’homme vers Dieu. C’est Lui qui conduit l’homme vers la Sagesse, celle dont la Bible dit dans les Proverbes :
« J’étais à ses côtés comme un maître d’œuvre, je faisais ses délices, jour après jour, m’ébattant tout le temps en sa présence, m’ébattant sur la surface de la terre et trouvant mes délices parmi les enfants des hommes » (Pr 8)

Et comment se placer à l’écoute de l’Esprit Saint ?

En entrant en intimité avec Lui dans son cœur.
L’Ange évoque le cœur comme :

« Le sanctuaire des sanctuaires. Le lieu où IL habite.
Le lieu de la Grâce, le Calice » (E24G, p. 141)

Marguerite Kardos demande à Monseigneur Germain d’évoquer la théologie du cœur chez les orthodoxes.
« Dieu souhaite que l’homme lui donne un refuge en lui, ce temple en l’homme, c’est le cœur. L’Esprit Saint se faufile dans notre cœur qui est le centre de l’être. C’est le lieu de l’intimité de l’homme avec Dieu et de Dieu avec l’homme. C’est la chambre secrète à laquelle l’homme accède soit par la liturgie, soit par le face à face direct, soit par les deux. »

« DANS LA PROFONDEUR DU CŒUR
L’AUBE POINT LENTEMENT.
DEDANS, NOUS LA VOYONS DÉJÀ,
DEHORS, VOUS NE VOYEZ QUE
LA SOUFFRANCE DE LA TERRE.
IL N’Y A QU’UNE SOUFFRANCE :
« ÊTRE AU-DEHORS. » (E53, p. 277)

C’est dans le cœur que s’unissent corps, âme et esprit, l’Homme est le lien entre le Monde Créé et le Monde Créateur, par la Co-naissance.

« À LA PLACE DE LA LUMIÈRE SANS CORPS
ET DU CORPS SANS LUMIÈRE,
LE NOUVEAU, LES DEUX AMANTS UNIS.
LE VERBE DEVIENT CHAIR,
ET LA MATIÈRE DEVIENT LUMIÈRE. » (E83, p. 363)

« Le battement du cœur de l’Univers
est un avec le battement de ton cœur. » (E24 L, p. 144)

« LE CŒUR DIVIN BAT DANS LE CORPS DE L’HOMME.
Le Cœur divin est Feu, Lumière ». (E78, p. 347)

« Le Cœur-Lumière embrasse tout, rayonne partout,
IL AGIT. » (E62, p. 301)

« G. Comment pourrais-je entendre toujours la voix de mon cœur, sans que ma tête s’en mêle ? » Par le silence.

« Le Seigneur est le Silence.
Au sein du Silence reposait le Son.
Il est devenu corps. Il est né.
L’Amour est la première projection.
LE CORPS N’EST RIEN D’AUTRE
QU’AMOUR DEVENU MATIÈRE.
C’est LUI qui œuvre. »  (E88, p. 380)

Pour conclure, Marguerite Kardos dit en hongrois le passage suivant, puis Juliette Binoche le lit :

« Si vous élevez votre cœur très haut,
alors la Lumière peut venir. 

Brûlez !
Vivez ! Remplissez-vous de Lumière !
Levez-vous ! Éveillez-vous !
Votre Lumière est nécessaire.
Votre être brûle.  » (E87, p. 378)

Quatre des nombreux témoignages que nous avons reçus témoignent de la qualité de cette rencontre dont nous avons tenté de restituer l’intensité :

« Mardi dernier fut une soirée de très haute intensité et merveilleuse. Ce fut fluide et lumineux. A plusieurs reprises j’ai détourné mon regard pour observer l’assistance et ai été saisi par le grand silence des participants, cette atmosphère de profond recueillement. Les anges étaient là et œuvraient à n’en pas douter. Merci pour la plénitude et la beauté de cette soirée. »

« Durant toute la soirée, je ne pouvais pas retenir mes larmes de joie et de gratitude, qui coulaient toutes seules pendant la lecture des Dialogues, par la voix inspirée de Juliette B. J’ai senti l’Ange pénétrer dans mes cellules, ça m’a transformée, accouchée, transfigurée. J’étais ensemencée. J’ai reçu comme une nouvelle naissance. »

« J’ai compris ce soir quelque chose pour moi fondamental : ce livre questionne notre résistance à Cela dont il est le messager. J’ai entendu ce soir que cette résistance était tombée, que j’étais devenu à mon tour messager. Merveille. Vous  avez été tous les trois habités. Juliette B. malgré sa bronchite était si profondément inspirée, et ce saint homme à vos côtés était Lumière. »

« J’étais touché ce soir par la complicité et l’harmonie entre vous trois, par l’intensité de recueillement de toute la salle, par Juliette B. dans une présence vibrante. J’étais charmé par la liberté et l’humour, la convivialité et l’esprit espiègle de l’archevêque Germain. Ses propos m’ont rassuré et réconcilié avec l’église. »

MC

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