Gitta Mallasz : Nous sommes des guerriers responsables d’un autre champ de bataille, invisible

Dans son tout dernier livre, Petits Dialogues d’hier et d’aujourd’hui (Aubier), écrit au moment de la première Guerre du Golfe (1990-1991), Gitta Mallasz consacre un chapitre à la guerre, toujours cruellement d’actualité 25 ans après.

J’écris ces lignes au moment de la guerre du Golfe, mais elles s’appliquent à toutes les guerres, et j’en ai vu quelques-unes au cours de mon existence…

Photo : Philippe Guy

Photo : Philippe Guy

Des lecteurs, malades d’impuissance, me demandent ce qu’ils peuvent faire. Alors je raconte à qui veut bien l’entendre ce conte chinois :
Un paysan laboure sa terre. Un lettré l’interroge :
« Que ferais-tu si c’était demain la fin du monde ? »
Et le paysan : « Je continuerais à labourer ma terre. »

Une voisine déprimée me dit :
« Aujourd’hui, la dépression est quasi générale. Et vous, les quatre amis, à Budapest, pendant la Seconde Guerre mondiale, vous qui étiez entourés de tant d’horreurs, avez-vous été déprimés ? »

Eh bien, une seule fois, lorsque nous avons appris la mort de plusieurs millions de Juifs dans les chambres à gaz… mais tout de suite, en faisant appel à l’Ange, nous avons repris confiance dans la Vie, dans la Vie nouvelle.
Nous avons été quelquefois presque anéantis par la douleur, mais la confiance, non, nous ne l’avons jamais perdue. Ainsi a pu naître Dialogues avec l’ange. Et là, j’ai appris une chose importante :

La guerre ne se décide pas sur le champ de bataille, dans le désert où se déroulent les conséquences inévitables d’un autre champ de bataille, invisible à l’oeil de l’homme. Et c’est celui-là qui importe :

Là, chacun de mes sourires confiants mine les projets de la haine meurtrière.
Là, chacune de mes pensées constructives diminue les forces destructrices.
Là, chacune de mes demandes pour la paix atténue les feux de la guerre.
Là, par contre, chaque émotion négative ouvre grand la porte à l’envahisseur

Nous qui vivons aujourd’hui, nous n’assistons pas par hasard à cette guerre dans le désert ; non chacun de nous est le guerrier responsable du grand équilibre historique.

Donc, je ne suis pas la victime impuissante des événements extérieurs, mais peut-être bien la goutte toute puissante qui décidera de la Vie, ou bien de son anéantissement.

Qui parmi nous est conscient de sa toute-puissance ?
Là pourtant commence la responsabilité de l’Homme.

Gitta Mallasz

> Suite aux attentats du 13 novembre à Paris, un petit groupe a commencé à investir chaque soir à 22h (chacun chez soi) le champ de bataille invisible, en utilisant les «munitions » proposées dernièrement à une veillée pour la paix au Forum 104, ainsi que celle-ci :

Je vous annonce qu’il y aura Délivrance,
lorsque l’UNIQUE LUMIÈRE aura percé
les ténèbres les plus profondes.
Nous tous y travaillons.
Avec joie et gratitude. Gratitude!
(Dialogues avec l’ange, Entretien 14 avec Gitta, p. 76)

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