Il y a quarante ans, la France découvrait Dialogues avec l’Ange

En décembre 1976, il y a tout juste quarante ans, Dialogues avec l’Ange paraissait en librairie. D’emblée, sa conception en faisait un livre hors du commun : pas de nom d’auteur sur la couverture,  non plus que celui de la maison d’édition. Simplement le titre « Dialogues avec l’Ange » en noir sur fond blanc. Austère et intriguant.

Gitta Mallasz, scribe et traductrice des Anges

dialogues-1976Cette parution était l’aboutissement de longues années d’attente et de travail. Après avoir subi quinze années de régime communiste en Hongrie, Gitta Mallasz, le « scribe des Anges », était arrivée en France en 1960 et s’était rapidement mise à la traduction française des quatre-vingt-huit entretiens qu’elle et ses amis avaient eus – en hongrois – avec leurs maîtres intérieurs, à Budapest, de juin 1943 à décembre 1944. Une fois le texte prêt, Gitta et son entourage se mirent en quête d’un éditeur. Pour ma part, je confiai le manuscrit à deux amis, tous deux lecteurs dans des maisons d’édition renommées, mais ne rencontrai que perplexité et incompréhension.
Nadia Schild, une très chère amie de Gitta avait de son côté envoyé le document à Claude Mettra, écrivain et producteur à France-Culture, qui, lui, comprit tout de suite qu’il s’agissait là d’un texte important et décida de lui consacrer une émission diffusée le 22 mars 1976. Gitta y racontait d’une voix tranquille l’incroyable histoire des « Dialogues » à un  Claude Mettra attentif et chaleureux. L’accueil fut très favorable. Il fut décidé de s’appuyer sur cette émission pour trouver un éditeur. Claude Mettra recommanda les éditions Aubier.

Claude Mettra reçut Gitta Mallasz en 1976 dans son émission Des vivants et des dieux.

Claude Mettra reçut Gitta Mallasz en 1976 dans son émission Des vivants et des dieux

Et c’est ainsi que je reçus un après-midi de printemps Dominique Raoul-Duval, éditrice dans cette maison, qui fut priée d’écouter une bande et repartit un cahier ronéoté sous le bras. Restait à convaincre le comité de lecture, notamment le spécialiste des questions spirituelles, un jésuite rigoureux. Il estima qu’il s’agissait là d’une expérience spirituelle authentique, qu’il fallait publier.

Neuf mois de gestation

chandelier_gitta_mallaszL’affaire sera rondement menée. Neuf mois séparent l’émission de Claude Mettra de l’édition du livre, en décembre de la même année… Mais, alors que celui-ci était sous presse, Gitta tomba gravement malade.  Ses poumons se remplissaient d’eau. Les médecins n’y comprenaient rien. Elle fut hospitalisée, à Toulouse.
Elle y était encore quand j’arrivai le 23 décembre à Sauveterre-la-Lémance, dans le sud du Périgord, pour fêter Noël avec elle et son mari Laci. Celui-ci m’attendait  à la gare, soucieux. Les livres venaient d’arriver. Mais  pas de Gitta… Elle ne revint que le lendemain après-midi. Quand la porte de l’ambulance s’ouvrit, toujours sur son brancard, elle cria joyeusement : « Champagne ». En entrant  dans la salle de séjour elle vit les livres soigneusement disposés sur le coffre de mariage, entourant le chandelier à sept branches. Ce fut le Noël le plus émouvant de ma vie.

P.S : il fallait une émission de grande écoute pour faire connaître le livre plus largement : ce fut une « Radioscopie » de Jacques Chancel le 10 mars 1977. Le ton, polémique, était très différent de celui de Claude Mettra. Là encore, ce fut un grand succès. Le livre était lancé.

Françoise Maupin

Ce contenu a été publié dans Evènements, Gitta Mallasz, Médias, Témoignages. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.