Il n’y a pas d’« instant sacré »

Les étagères de ceux et celles que taraude la question du sens de l’existence sont remplies la plupart du temps de livres de spiritualité. Rares, en effet, à notre époque, ceux et celles, qui ont suivi un chemin droit et l’ont creusé sans jeter un regard sur les enseignements des autres traditions.
Les lecteurs des Dialogues avec l’Ange, dont je suis, n’échappent probablement pas à la règle et ont accumulé des dizaines, voire des centaines de livres de sagesse. Ce n’est pas qu’il soit bien ou mal d’accumuler des livres de sagesse ; c’est sans doute mieux que d’entasser des livres de guerre, ou de pornographie !

L’ange parle des livres et dit :

Il y a beaucoup de curieux,
mais il y a eu des émerveillés.
Eux aussi, ils étaient des envoyés.
Cherche-les ! Ils t’enseigneront.
L. Les livres ou les hommes ?
– C’est la même chose.
Fais bien attention que ce soient des émerveillés.
A celui qui cherche, le maître est donné. (E12L, p. 66)

Si les livres sont susceptibles d’enseigner, et de devenir nos maîtres, alors, mettons-nous à leur écoute. Si nous lisons Dialogues avec l’Ange avec notre tête seule, cela n’aura pas plus d’effet sur nos vies, sur le monde, que n’importe lequel des livres lus de la même manière. Ne nous racontons pas d’histoires ! Si nous nous contentons de nous laisser bercer par les images, la prosodie, si nous nous contentons de le citer, nous ne nous transformerons JA-MAIS.

Or, ce livre nous invite à la transformation, c’en est même le fil conducteur.

SI TU TE TRANSFORMES -,
LA MATIÈRE – ELLE AUSSI –
EST OBLIGÉE DE SE TRANSFORMER.
(E30L, p. 186)

Transformation pour faire advenir l’Homme Nouveau, fait de Matière-Lumière.

Ce n’est pas rien comme responsabilité. Cela peut être écrasant et sembler si loin de nous que nous nous disons que ce sont encore des légendes pour enfant en quête de merveilleux.
Alors, nous répétons les phrases et nous reposons le livre, contents de l’avoir lu.

Mais que faire pour se transformer soi-même ?

Le seul matériau à notre disposition c’est notre corps et ce que nous en faisons : comment le traitons-nous ? Comment mangeons-nous ? Que mangeons-nous ? Comment marchons-nous ? Comment accomplissons nous les gestes du quotidien ? Tous les gestes du quotidien. Comment entrons-nous en relation avec l’autre, son voisin, son patron, son employé, son collègue, son enfant, son amoureux, sa fiancée, ses parents ? Quelles pensées entretenons-nous ? De quelles émotions nous nourrissons-nous ?
Oh, il ne s’agit pas de chercher des recettes pour être mieux, plus « aligné » comme on peut le lire dans le vocabulaire du développement personnel, ésotérico mystique.
Il s’agit de transformer sa manière d’être là au monde. Là, maintenant. Dans le corps que je suis. Dans les activités que j’assume durant ma vie active, durant ma retraite, durant mon temps de travail, durant mes congés.
C’est aussi simple que cela.
Pas besoin d’aller au bout du monde.
Pas besoin de changer de métier ni de lieu de vie.
C’est là.
Tellement simple qu’on ne parvient pas à le réaliser.
L’Ange nous avertit :

Le rêveur ne rêve pas qu’il dort,
mais qu’il est éveillé.
Il agit, il va, il vient, il parle.
En réalité, il est couché et il dort.
Mais l’aube vient, les brumes du rêve se dissipent déjà.
LE NOUVEL ACTE S’APPROCHE.
(…)
TOUT CE QUE VOUS FAITES MAINTENANT
EST ACTE DE RÊVE, PENSÉE DE RÊVE. (E22G, p. 132)

Oui, mais alors, comment se transformer ?

Hormis les cas d’illumination qui ne frappent tout de même pas tout le monde, et pas si souvent, c’est au quotidien que Dialogues avec l’Ange nous convie à la transformation. Le livre regorge de petites phrases précieuses : il suffit d’en prendre une et de la mettre en œuvre. Et s’il fallait en retenir une, ce pourrait être celle-ci :

Chaque instant et l’instant de l’instant sont portes.
IL N’Y A PAS D’« INSTANT SACRÉ ».
CHAQUE INSTANT EST SACRÉ.
(E28G p. 165)

même éplucher les pommes de terre, changer une roue, récurer les toilettes, ne nous gargarisons pas des grandes et belles choses que nous croyons faire ou avoir fait car en vérité :

D’éternité en éternité, chaque instant opère. (E54, p. 280)

Chaque instant est agissant. (E75, p. 338)

C’est une sacrée responsabilité… une responsabilité sacrée !

Mais quelle est la clé ?

Avant d’agir, sanctifie l’instant ! (E21G, p. 123)

ou bien :

COMMENCE TON TRAVAIL
COMME SI TU NE L’AVAIS JAMAIS FAIT ! (E13L, p. 73)

ou encore :

Honore SA Loi même dans les plus petites choses. (E11G, p. 60)

Il s’agit de se sentir relié à son Ange, d’instant en instant, et à travers l’Ange, d’être relié à LUI :

CHAQUE PAS VERS LUI EST UN ÉVEIL.
CHAQUE EXISTENCE –
PAS SEULEMENT LA VÔTRE – N’EST QUE RÊVE.
UN RÊVE SUBTIL… DE PLUS EN PLUS SUBTIL…
MAIS UN RÊVE.
UN SEUL ÉVEIL : LUI. (E14G, p. 76)

C’est simple au fond : il s’agit de LE placer au centre de nous-mêmes. Concrètement. Cela peut sembler impossible. Il suffit d’imaginer qu’IL (Ö : IL-ELLE en hongrois) est notre bien-aîmé.e et IL l’est !

Et puis l’Ange nous encourage à chasser la pensée de notre indignité et de notre impuissance car c’est elle qui nous coupe de LUI.

Si tu es fatiguée pendant tes cours, n’en aie pas honte,
et à l’instant même tu ne seras plus fatiguée. (E13L, p. 74)

Et pour terminer, voici résumée en un passage cette invitation à l’union constante avec LUI :

Voici le secret de la vie éternelle :
Que tous tes actes, ta foi, ta pensée, ton amour
soient constants.
Tout attiédissement –
est agonie, disparition.
Tout laisser-aller –
est évanouissement, mort.
Tout repentir, tout recommencement –
sont guérison, résurrection. (E81, p. 359)

Ne nous contentons donc pas d’être touchés à la surface de nous-mêmes et mettons nous en route, concrètement, effectivement sur le chemin de la transformation. En sachant que le retour vers LUI efface toutes les chutes qui ont précédé ce retour et que, donc, nous n’avons rien à faire d’autre pour nous transformer que de nous quitter nous-mêmes, de LUI offrir chacun de nos instants et de LE porter en nous comme un joyau précieux, présence de l’éternité inscrite dans le temps.

MC

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